Non à la suppression de l'émission « les Décraqués » sur France Culture

La pétition a été envoyée à la direction de France Culture à trois reprises (26 août 2004, 20 novembre 2004, 24 septembre 2005). Suite à la réponse de David Kessler au dernier envoi, il ne semble plus utile d'envoyer de nouvelles listes de signatures. Vous pouvez toutefois signer encore la pétition pour manifester votre solidarité avec l'équipe des Décraqués et votre attachement à l'esprit de France Culture qu'ils incarnaient.

Le 23 juillet 2004, France Culture a diffusé pour la dernière fois l'émission "les Décraqués". Ce rendez-vous quotidien de huit minutes alliant humour, qualité littéraire et créativité ne sera pas reconduit en septembre. Pourtant, cette émission était la plus écoutée de France Culture ! Son succès qui ne se dément pas depuis de nombreuses années, celui de son émission sœur "Des Papous dans la tête" et de l'anthologie publiée chez Gallimard et l'affluence lors des enregistrements en public montrent que les auditeurs raffolent de ces moments de pur plaisir, devenus si rares, qui ne subissent pas le joug de l'actualité.

Alors, pourquoi cette suppression ?

Laure Adler, directrice de France Culture, s'en explique dans un entretien avec "Le Monde" (10 juillet 2004) :

"L'enjeu est de prouver que France Culture est une radio comme les autres, avec bien sûr sa spécificité : approfondir l'actualité". Ceci passe notamment par la disparition des "émissions de format très court, qui coûtent cher et n'amènent pas de nouveaux auditeurs."

Tout en reconnaissant : "c'est vrai que l'équipe qui fait les « Décraqués », le midi en semaine, et « Des papous dans la tête », le dimanche, donne ses lettres de créativité à France Culture depuis des années", Laure Adler sacrifierait donc une émission de qualité qui rencontre un grand succès, uniquement pour une question de format ? Ou ne serait-ce qu'un premier pas vers la disparition des émissions de création, dont les "Papous" pourraient être les prochains à faire les frais ?

Rendez-nous nos Décraqués !

Nous, auditeurs de France Culture, ne voulons justement pas que notre station devienne "une radio comme les autres". Nous tenons à ce qu'elle conserve des émissions de création littéraire et radiophonique, ce que les autres stations ne font pas. Nous tenons à préserver des moments déconnectés de l'actualité, à l'heure où l'actualité écrase tous les médias. Nous tenons à y trouver des formes variées, y compris par leur durée, et pas uniquement des "talk-shows" tous taillés sur le même modèle. Nous aimons les Décraqués pour eux-mêmes, mais aussi parce qu'ils incarnent les spécificités de France Culture, une radio pas comme les autres.

Qu'est devenu Bertrand Jérôme ?

Depuis leur création, les "Décraqués" comme les "Papous" étaient animés par les deux journalistes de talent qui les avaient inventés, Bertrand Jérôme et Françoise Treussard. Depuis septembre 2004, Françoise Treussard se retrouve seule aux commandes : Bertrand Jérôme a été "mis à la retraite" d'office et contre son gré au cours de l'été par la direction de France Culture. Est-ce une conséquence de la suppression des Décraqués et des nombreuses protestations qui l'ont suivie ? Laure Adler, vexée d'être désavouée par ses auditeurs, se serait-elle "vengée" sur le "papa des Papous" ?

Quoi qu'il en soit, un Livre d'Or a été ouvert pour transmettre à Bertrand Jérôme les témoignages de tous ceux qui ont apprécié son travail, son humour, son érudition ou simplement le son de sa voix. N'hésitez pas à le signer et le faire signer !

Faisons-nous entendre !

"Nous avons la chance d'être écoutés par les auditeurs les plus intelligents qui soient, mais aussi les plus exigeants. C'est pour cela que mon seul juge, mon seul interlocuteur, ma seule référence, ce sont les auditeurs. Nous sommes à leur seul service" affirme Laure Adler au "Monde". Soit ! Exigeons donc que France Culture demeure une station d'exception au service des auditeurs les plus intelligents qui soient, et qu'elle le prouve en conservant ses émissions intelligentes et exceptionnelles plutôt qu'en s'alignant sur la concurrence.

Que pouvez-vous faire ?